Commission départementale de la coopération intercommunale (CDCI)
Publié le 14 octobre 2026
ÉTAT DES LIEUX DE LA SITUATION
Le département compte 422 captages, 341 stations de traitement et 362 réseaux d’eau potable, dont les performances et les niveaux de sécurisation sont très variables. Seuls 6 des 17 EPCI exercent aujourd’hui conjointement les compétences eau et assainissement, tandis que plusieurs intercommunalités réfléchissent à une structuration renforcée de ces compétences.
La gestion de la ressource fait face à plusieurs difficultés : réseaux vieillissants et insuffisamment performants, investissements nécessaires importants, et disparités du prix de la distribution et de l’assainissement de l’eau, qui varie de 3,32€ à 8,67€,. Le rendement moyen des réseaux gardois atteint environ 69,5 %, pour une moyenne nationale de 82,5 % et 55 communes présentent un rendement inférieur à 50 %. Par ailleurs, de nombreux schémas directeurs d’alimentation en eau potable et d’assainissement (SDAEP et SDA) sont anciens ou inexistants, limitant notamment l’accès à certaines aides financières.
La qualité de l’eau constitue également un enjeu majeur, avec des problématiques liées notamment aux nitrates, PFAS, aux pesticides, à l’arsenic, au plomb, au manganèse et aux contaminations bactériologiques. L’évolution des normes européennes en matière d’assainissement entraînera par ailleurs de nouvelles obligations pour les collectivités.
À ces enjeux s’ajoutent les effets du changement climatique, avec une raréfaction progressive de la ressource, des sécheresses plus fréquentes et une baisse attendue des débits des cours d’eau et de la recharge des nappes. Dans le même temps, la demande en eau devrait augmenter sous l’effet de la croissance démographique, de l’agriculture, de l’activité économique et du tourisme. La population gardoise pourrait ainsi passer de 756 000 habitants en 2025 à 877 000 en 2050.
OBJECTIFS
Face à ces défis, les membres ont pu discuter de plusieurs chantiers prioritaires, parmi lesquels la modernisation et l’entretien des réseaux, l’amélioration de leur rendement, le développement des interconnexions et la diversification des ressources, mais aussi la sobriété des usages, la réutilisation des eaux usées traitées et une meilleure connaissance de la ressource. La mutualisation et l’intercommunalisation des compétences peuvent également contribuer à professionnaliser les services et à optimiser les investissements.
La CDCI Commission Départementale de Coopération Intercommunale peut ainsi formuler des propositions non contraignantes sur l’organisation des compétences eau et assainissement à l’échelle départementale. Les conseils municipaux et communautaires sont désormais amenés à se saisir à leur tour de ces enjeux, avec pour objectif de préparer une gestion plus résiliente, solidaire et durable de la ressource en eau dans le Gard pour les années à venir.