Opération de sauvetage de deux dauphins échoués à Sainte-Anne
Publié le 15 juin 2026
Opération de sauvetage de deux dauphins échoués à Sainte-Anne
Dimanche 10 mai 2026, deux dauphins tachetés pantropicaux ont été découverts échoués vivants à l’Anse Caritan, sur la commune de Sainte-Anne. Alertés. Les services de l’Etat et les correspondants du Réseau National Échouage sont intervenus pour renflouer les animaux au large.
Échouage de deux dauphins tachetés pantropicaux
Ce dimanche 10 mai, les services de l’État ont été alertés par un marcheur de la présence d’un dauphin échoué sur une plage de l’Anse Caritan à Sainte-Anne. Un second dauphin, d’abord observé nageant à proximité, a fini par s’échouer à côté de son congénère. La gendarmerie s’est rapidement rendue sur place afin de sécuriser le périmètre pour permettre aux équipes du Réseau d’Observation des Cétacés Echoués de Martinique (ROCEM), du Parc naturel marin de la Martinique et du Sanctuaire Agoa, tous membres du Réseau National Echouage, de préparer une opération de sauvetage et les a aidés.
Renflouer les animaux au large
Dans un premier temps, les deux dauphins ont pu être remis à l’eau à proximité immédiate de la plage afin d’éviter qu’ils ne se blessent sur les rochers et les racines. La faible profondeur (30 cm) du banc de sable ne leur permettant pas de retrouver le large seuls, une opération de renflouage a été lancée.
Conformément aux protocoles en vigueur et avec l’appui de l’Observatoire Pelagis, coordinateur national du Réseau National Echouage, les deux dauphins ont été délicatement placés dans des bâches humides et hissés à bord du semi-rigide du Parc naturel marin. Les animaux ont ensuite été transportés à faible allure au large de la Pointe Dunkerque et remis à l’eau dans une zone de profondeur importante (200 m) pour réduire le risque d’un retour à la côte.
L’individu échoué en premier n’a malheureusement pas survécu au transport. Sa carcasse a été conservée et une nécropsie sera réalisée afin de prélever des échantillons qui permettront de mieux comprendre ces populations. L’examen extérieur a permis de constater une légère maigreur mais aucune blessure significative n’a été observée.
Le second est quant à lui reparti sans problème d’une nage dynamique et sans gêne apparente.
Le Parc naturel marin de la Martinique et le Sanctuaire Agoa tiennent à remercier les personnes qui ont signalé l’échouage et sont restées présentes sur place pour partager leurs observations avec autorités compétentes. Ces informations sont très importantes pour évaluer la meilleure option d’intervention.
Je découvre un mammifère marin échoué en Martinique, que dois-je faire ?
Les échouages de mammifère marin sont peu nombreux en Martinique (1 à 2 par an en moyenne). Cependant, ces situations sont complexes et comportent des risques pour la sécurité et la santé à la fois des animaux et des personnes. En effet, les mammifères marins sont porteurs de virus et de bactéries transmissibles à l’Homme.
En cas de découverte un mammifère marin échoué vivant ou mort, contactez immédiatement :
- le Réseau d’Observation des Cétacés Echoués de Martinique (ROCEM) : 06 96 03 02 04 ;
- le Parc naturel marin de la Martinique : 06 96 33 17 12.
En cas d’échouage d’un animal vivant, il est fortement déconseillé d’intervenir sans la présence des membres du Réseau National Echouage. Si cette volonté est compréhensible et part d’une bonne intention, elle s’avère souvent contre-productive (augmentation du stress de l’animal, blessures supplémentaires externes ou internes) et risquée pour les personnes (blessures par coup de queue ou morsure, transmission de maladies).
Retrouvez la liste complète des recommandations sur la page dédiée du Sanctuaire Agoa :
https://sanctuaire-agoa.fr/que-faire-en-cas-dechouage
Zoom sur le dauphin tacheté pantropical
(Crédit photo : Amandine Escarguel Office Français de la Biodiversité)
Le dauphin tacheté pantropical (Stenella attenuata) est l’espèce de cétacé la plus fréquemment observée en Martinique parmi les 21 espèces de mammifères marins recensées. Il vit en groupe d’une dizaine à plusieurs centaines d’individus et peut être observé toute l’année, surtout le long de la côte Caraïbe de la Martinique. Il se nourrit principalement de poissons nageant près de la surface (maquereaux, poissons volants…), mais aussi de crustacés et de céphalopodes dans les zones côtières. Il mesure entre 2,20 et 2,40 m et peut peser jusqu’à 120 kg. Sa longévité atteint 40 ans. Les principales menaces qui pèsent sur cette espèce sont le dérangement par les bateaux, la pollution sonore sous-marine et les pollutions d’origine terrestre (chimique et plastique).
Comme tous les mammifères marins, le dauphin tacheté pantropical est intégralement protégé en France. Dans le Sanctuaire Agoa, aire marine protégée couvrant l’intégralité des eaux de la Martinique, de la Guadeloupe, de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy, il est interdit de s’approcher en mer à moins de 300 m des mammifères marins.

