Réunion du comité départemental « loup », l’instance d’échange entre les parties prenantes sur la présence du loup en Finistère
Published on June 15, 2026
Réunion du comité départemental « loup », l’instance d’échange entre les parties prenantes sur la présence du loup en Finistère
Créé dans le Finistère en décembre 2022, à la suite des premières observations de l’espèce, le comité départemental « loup » s’est réuni ce jeudi 7 mai à la Direction départementale des territoires et de la mer à Quimper. Présidée par le préfet, Louis Le Franc, cette instance de partage d’informations et de débat réunit notamment des éleveurs, des élus locaux, des représentants de la chasse (lieutenant de louveterie, fédération des chasseurs), des associations de protection de la nature, le Parc naturel régional d’Armorique, des représentants de la profession agricole et les services de l’État.
A cette occasion, le point a été fait sur :
- les actualités nationales et changements réglementaires
- les indices de présence et indemnisation des dommages dans le Finistère
- les actions menées dans le Finistère.
Un contexte d’augmentation des prédations et une troisième présence avérée génétiquement
Le nombre de constats de dommages sur animaux domestiques est en augmentation : 8 en 2022 dont 6 « loup non exclu », 60 en 2023 dont 25 « loup non exclu », 90 en 2024 dont 38 « loup non exclu », 141 en 2025 avec 80 « loup non exclu ».
En 2026, jusqu’au 5 mai, 32 constats qui ont été effectués. Par ailleurs, la pression de prédation sur les bovins, apparue en 2024 s’est confirmée en 2025, avec 14 animaux victimes de prédations pour lesquelles la responsabilité du loup n’est pas exclue (contre 12 sur l’année 2024).
L'augmentation des victimes est particulièrement marquée en 2025 sur les ovins (232 ovins blessés ou tués en 2025, contre 47 en 2024 et 67 en 2023), notamment sur les communes de Laz et de Scaër.
Enfin, l’année 2025 a été marquée par l’identification génétique de 2 autres loups mâles en plus de celui identifié initialement en 2023. Il s’agit pour l’un d’un mâle issu de la lignée germano-polonaise, et pour l’autre d’un mâle issu de la lignée italo-alpine.
En Finistère, la population de loups est donc évaluée à au moins trois loups mâles génétiquement identifiés.
Assouplissement des règles de tirs
Deux arrêtés et un décret ont été publiés au niveau national en février 2026, pour augmenter les plafonds de tirs (de 19 à 21 % de la population lupine nationale), et assouplir les procédures de tirs, tout en renforçant les incitations à la protection des élevages.
Ainsi, des tirs seront possibles sur déclaration, sans obtention d’autorisation, pour les élevages ovins et caprins. En contrepartie, les mêmes règles d'indemnisation s'appliqueront aux communes du cercle 1 et du cercle 2.
Expérimentation de tests salivaires
Depuis l'apparition du loup dans le département, les acteurs du comité départemental « loup » du Finistère se sont fortement mobilisés pour demander la mise en place de tests salivaires et ainsi améliorer la connaissance sur la population lupine. Le préfet avait ainsi porté cette demande et sollicité la ministre en charge de l’écologie et la préfète coordonnatrice du plan loup, pour la mise en place de cette technique, à titre expérimental, dans le Finistère.
Or, le plan national d’action sur le loup et les activités d’élevage 2024-2029 ne prévoit pas de déployer des analyses génétiques sur des prélèvements de salive réalisés sur des proies.
Grâce à la mobilisation du comité « loup » et à la suite de l’accord des instances nationales, le Finistère a cependant été retenu parmi 7 départements pour tester un protocole d’analyses salivaires. Une expérimentation portée par l’Office Français de la Biodiversité (OFB) a été ainsi ponctuellement déployée dans le Finistère pour tester la qualité de l'ADN sur des prélèvements salivaires sur proies de loup entre fin août et début octobre 2025.
Indemnisations des dommages sur bovins
Un groupe de travail réunissant des organisations professionnelles agricoles (chambre d’agriculture, syndicats représentatifs), l’association FERUS, l’OFB et la DDTM s’est réuni en début d’année pour considérer les critères à prendre en compte sur le contexte de prédation, notamment pour les constats avec conclusion « origine indéterminée ». Ce travail collectif a abouti à un consensus permettant une meilleure application du principe du doute qui bénéficie à l’éleveur.
Le préfet rappelle l’importance de la poursuite du travail partenarial au sein du comité départemental, gage de transparence et garantie d’un climat apaisé, nécessaire à une gestion la plus constructive qui soit de ce dossier complexe.
Plus d'infos : https://www.finistere.gouv.fr/Actions-de-l-Etat/Environnement/Loup-et-activites-d-elevage

