Régulation des grands cormorans

Published on June 15, 2026

Régulation des grands cormorans

Mis à jour le 09/02/2026

Modalités de maîtrise des populations : réglementation européenne et nationale

En France, deux sous-espèces de cormorans sont représentées sur le territoire :

  • une sous-espèce principalement continentale, Phalacrocorax carbo sinensis
  • une sous-espèce principalement maritime, Phalacrocorax carbo carbo

La demande de dérogation ne concerne que Phalacrocorax carbo sinensis, la sous-espèce Phalacrocorax carbo carbo ne causant pas, aux activités humaines, des dommages justifiant qu’il puisse être dérogé à sa protection.

Le grand cormoran est une espèce d’oiseau piscivore, entraînant des prédations sur les poissons des piscicultures et sur les poissons présents en eaux libres. Ces interactions entre le cormoran et les activités humaines (que sont la pisciculture et la pêche) a mené au XXème siècle à des destructions directes de cormorans par l’homme, à des destructions de nids ou à la consommation d’œufs. À ces menaces directes, se sont ajoutées des menaces indirectes pouvant également impacter les grands cormorans (exemple de l’usage de DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane) entraînant une fragilisation des coquilles d’œufs ou une pollution des zones humides limitant les ressources alimentaires).

Toutes ces menaces, directes et indirectes, ont mené à une chute des effectifs de cormorans dans le Nord-Ouest de l’Europe au début du XXème siècle. Dans ce contexte, la Communauté Européenne a protégé le grand cormoran au titre du régime général de protection de toutes les espèces d’oiseaux, conformément à la Directive 2009/147/CE du 30 novembre 2009 relative à la conservation des oiseaux sauvages (qui a pris la suite de la Directive de 1979 ayant le même objet). Ces dispositions sont transposées en droit français à travers l ’Article L.411-1 du Code de l’Environnement et l’Arrêté ministériel du 29 octobre 2009, fixant la liste des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection.

Le statut de protection du cormoran a permis une stabilisation de ses effectifs puis une sensible augmentation des populations. C’est pourquoi cette espèce est classée en état de conservation non préoccupant sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature.

Dans le même temps, l’augmentation des effectifs a conduit à faire croître le niveau de prédations sur les poissons des étangs et sur les poissons en eaux libres.

C’est pourquoi, depuis 1979, est mis en place un système dérogatoire à la protection stricte de l’espèce.

Les textes listés précédemment prévoient la possibilité de déroger à cette protection stricte, sous 3 conditions cumulatives :

1. Il n’existe pas d’autres solutions satisfaisantes ;

2. La dérogation ne doit pas nuire au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle ;

3. La dérogation doit porter un intérêt à agir, c’est-à-dire, dans le cas du cormoran :

  • « L’intérêt de la protection de la faune […] sauvage » (dans le cas des dérogations pour les eaux libres)
  • « La prévention de dommages importants notamment à l’élevage, […] aux pêcheries » (dans le cas des dérogations pour les piscicultures)

Pour encadrer ces dérogations, des Arrêtés ministériels existent :

Un arrêté ministériel, dit « cadre », fixant les conditions et les limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant les grands cormorans (Phalacrocorax carbo sinensis) :
Arrêté du 24 février 2025 fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de perturbation intentionnelle et de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant les grands cormorans  (Phalacrocorax carbo sinensis)(format pdf - 168 Ko)

Arrêté du 3 septembre 2025 fixant les plafonds départementaux dans les limites desquelles des dérogations aux interdictions de destruction du grand cormoran (Phalacrocorax carbo sinensis) peuvent être accordées pour la protection des piscicultures par les préfets pour la période 2025-2028 (format pdf - 157 Ko) : aucun quota n'a été attribué sur les cours d'eau (eau libre)

    

Modalités de maîtrise des populations : réglementation à l’échelon départemental

L'arrêté préfectoral du 26 septembre 2025 fixe les conditions générales de dérogation aux interdictions de destruction du grand cormoran, au niveau du département du Cher, pour la campagne 2025-2026 pour la pisciculture en étangs (eau close)

ARRETE n° DDT-2025-439 d’autorisation de destruction d’oiseaux de l’espèce "grand cormoran" (Phalacrocorax carbo sinensis) sur les piscicultures extensives en étangs pour la saison 2025-2026 (format pdf - 152 Ko)

Cet arrêté est modifié par :

ARRETE n° DDT-2026-059 modifiant l’arrêté préfectoral n° DDT-2025-537 du 18 décembre portant autorisation de destruction d’oiseaux de l’espèce « grand cormoran » (Phalacrocorax carbo sinensis) sur les piscicultures extensives en étangs pour la saison 2025-2026  (format pdf - 164 Ko)

Demande de destruction

La demande doit être adressée à la Direction départementale des territoires du Cher.

Demande d'autorisation pour la destruction de grands cormorans 2025-2026 (format pdf - 84,8 ko)

Bilan

Chaque opération de tir ayant conduit à la destruction d'un ou plusieurs cormorans fait l'objet d'un compte-rendu précisant le lieu et le nombre d'oiseaux détruits.
La déclaration de ce bilan est obligatoire dans un délai d'au plus 72 heures suivant chaque prélèvement. Elle est à réaliser à l’adresse suivante :
https://www.demarches-simplifiees.fr/commencer/compte-rendu-d-operation-de-destruction-du-grand-cormoran
Le défaut de communication des bilans pourra entraîner l’annulation de la présente autorisation pour le reste de la période et le refus de renouvellement pour la saison suivante.

Source: prefecture

Monitor slots at the Cher prefecture

Cher