Révision des prix maximum des produits pétroliers à compter du 1er octobre 2026 à zéro heure et prolongation des aides ciblées jusqu’au 31 décembre 2026
Published on October 14, 2026
Après plusieurs mois de relative stabilité, les prix des carburants connaissent une hausse marquée à compter du 1er octobre 2026, mais demeurent inférieurs à ceux constatés dans l’hexagone.
Au 1er octobre 2026 à zéro heure, les prix maximums applicables en Martinique sont les suivants :
- supercarburant sans plomb : 2,10 €/L, soit +0,20 € par rapport à septembre 2026 (1,90 €),
- gazole routier: 2,27 €/L, soit +0,19 € par rapport à septembre 2026 (2,08 €),
- bouteille de gaz (de 12,5 kg) : 25,51 €, soit +1,37 € par rapport à septembre 2026 (24,14 €).
Ces prix demeurent inférieurs à ceux constatés dans l’hexagone. Au 29 septembre 2026, les prix moyens s’élevaient à 2,22 €/L pour le supercarburant sans plomb et à 2,36 €/L pour le gazole.
Cette hausse est la conséquence de la crise persistante au Moyen-Orient, qui provoque une nouvelle envolée des cours du pétrole.
La conjoncture énergétique mondiale reste très dégradée en raison des tensions géopolitiques, en particulier dans les détroits d’Ormuz et de Bab-el-Mandeb, et de la destruction des capacités de production et de raffinage au Moyen-Orient et en Russie.
- les cours moyens du pétrole brut de mer du Nord ont augmenté de 26 % par rapport au mois de septembre ;
- les cours des produits finis ont fortement augmenté : +22,7 % pour le supercarburant sans plomb et +17 % pour le gazole ;
- le cours du butane est en hausse de 22 % par rapport au mois précédent, dans la lignée des hausses observées sur la majeure partie des autres produits pétroliers ;
- la parité euro/dollar est quant à elle stable, passant de 1,1572 en mars à 1,1571.
L’évolution des prix maximum correspond strictement à l’augmentation des coûts des matières, sans aucune modification des autres composantes du prix, notamment des marges qui demeurent encadrées réglementairement et ne dépendent pas des prix.
Il n’y a pas actuellement de risque de rupture de continuité de l’approvisionnement. La raffinerie des Antilles fonctionne aujourd’hui à pleine capacité et toutes les équipes de la SARA sont mobilisées pour garantir un approvisionnement en qualité et en quantité des Antilles et de la Guyane. Si la réduction des capacités de production réduit la disponibilité des produits sur les marchés mondiaux, les livraisons de brut se poursuivent selon le calendrier prévu, permettant ainsi la reconstitution des stocks nécessaires au fonctionnement de la Martinique dans des conditions normales.
Face à la hausse des coûts de l’énergie, l’État a décidé de prolonger plusieurs aides pour accompagner les particuliers et les professionnels les plus touchés par la hausse des prix à la pompe.
Le Gouvernement a annoncé le 22 septembre l’extension et la reconduction des dispositifs d’aide mis en place depuis le début de la crise en mars dernier. Ces aides sont toutes applicables en Martinique.
- Extension du dispositif « grands rouleurs » : l’aide passe de 20 à 40 centimes/litre jusqu’au 31 décembre 2026, soit une aide de 100 euros pour couvrir les trois prochains mois, avec un quasi doublement du nombre de ménages éligibles par relèvement des plafonds des revenus.
Ainsi, elle pourra concerner les conducteurs gagnant jusqu’à 2 050€ net/mois pour une personne seule, 4 070€ net pour un couple ou 6 100€ net pour un couple avec deux enfants, à condition de prendre la voiture pour se rendre au travail (distance domicile travail d’au moins 15 km ou 8000 km parcours par an).
Elle sera automatiquement versée à tous ceux qui ont été bénéficiaires de l’aide de 100 euros couvrant les mois d’avril à septembre 2026 (Au 24 septembre : 7146 dossiers déposés, 5156 dossiers déjà payés en Martinique). Le guichet sera prochainement ouvert sur le site impots.gouv.fr et les maisons France Service seront mobilisées pour accompagner les déclarants.
- Relèvement du plafond de défiscalisation de la prime carburant : les employeurs privés peuvent verser une prime carburant à leurs salariés, défiscalisée et non soumise aux cotisations sociales. Initialement fixé à 300€ puis étendu à 600€ en juin dernier, son plafond sera fixé de manière exceptionnelle à 1000€/an.
- Le versement du chèque énergie (entre 48€ et 277€ pour un montant moyen de 150€), bénéficiant à 5,8 millions de ménages en France, sera avancé d’avril à janvier 2027.
- Certaines aides exceptionnelles aux secteurs économiques les plus touchés – bâtiment et travaux publics, agriculture et pêche – sont prolongées jusqu’au 31 décembre 2026.
- Pour les agriculteurs, l’aide GNR est reconduite à l’identique à hauteur de 15 ct€/litre ;
- Pour les entreprises du BTP Bâtiment et travaux publics, l’aide GNR est reconduite à hauteur de 20 ct€/litre ;
- Pour les pêcheurs : l’aide sera d’au moins 25 ct€/litre. Par ailleurs, un prêt à taux zéro jusqu’à 50 000€ pour les entreprises de pêche sera mis en place par BPI au 1er octobre.
- Pour les aides à domicile : accès à l’aide « grands rouleurs » dès 30 km réalisés chaque jour par un guichet adapté.
- Pour les infirmiers libéraux : outre l’élargissement de l’aide « grands rouleurs », aide dédiée de la CNAM de 80 euros pour ceux qui se déplacent le plus dans les territoires et en ruralité (25 000 professionnels concernés au niveau national).
Pour les transporteurs publics routiers, ils peuvent bénéficier encore de l’aide au titre des mois de juin à août : le guichet est ouvert jusqu’au 9 novembre.
RAPPEL
Les prix en Martinique sont administrés conformément à un arrêté du 5 février 2014 1 et évoluent chaque mois en fonction des cotations sur les marchés mondiaux et de la parité euro/dollar. Ce mécanisme permet de lisser les variations quotidiennes, tout en reflétant les tendances de fond, à la hausse comme à la baisse.
Ce dispositif de régulation des prix en vigueur en Martinique est exceptionnel et se fonde sur une logique de prix administrés, au bénéfice des consommateurs. Comme dans les autres DOM, il déroge au principe général de liberté des prix, empêchant ainsi les acteurs économiques de fixer librement leurs marges et leurs prix de vente. Il protège efficacement les consommateurs martiniquais face aux fluctuations des marchés internationaux. Contrairement à l'hexagone, l’État ne prélève pas en Martinique de taxes sur les carburants, ce qui contribue directement à limiter le niveau des prix pour les usagers martiniquais.
Dans le contexte actuel de forte tension, ce mécanisme réglementaire joue pleinement son rôle. Il permet notamment d’encadrer strictement les marges de la SARA, des grossistes et des distributeurs, qui resteront inchangées. Il permettra, dès que les tensions internationales s’atténueront et que les cours de l’énergie se stabiliseront, un retour à des niveaux de prix plus modérés.
1 Arrêté du 5 février 2014 relatif à la mise en œuvre du décret n° 2013-1314 du 27 décembre 2013 réglementant les prix des produits pétroliers ainsi que le fonctionnement des marchés de gros pour la distribution de ces produits dans les départements de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Martinique